2026-11-03
Pourquoi une LED a besoin d'une résistance en série même lorsque vous connaissez sa tension directe
Une tension directe connue ne fixe pas le courant de la LED. Voici pourquoi une résistance en série reste nécessaire, avec un exemple détaillé à 5 V et des contrôles au banc.

Le problème d'une tension directe fixe
La plupart des fiches techniques et des références de laboratoire indiquent une tension directe, souvent voisine de 2 V pour le rouge et plus élevée pour le bleu ou le blanc. On est tenté de penser que, si la LED chute de 2 V, la connecter à une alimentation de 5 V laisse 3 V à gérer et que tout est réglé. Ce n'est pas le cas, car la tension directe n'est qu'un point de fonctionnement approximatif et non une propriété fixe du composant.
Une LED est une diode, et son courant croît de façon exponentielle avec la tension à travers sa jonction. Sur une plage de tension étroite, une variation de quelques dizaines de millivolts peut multiplier le courant par plusieurs. Une alimentation légèrement trop élevée, une LED issue d'un autre lot ou une jonction qui chauffe en fonctionnement peuvent suffire à déplacer le point de fonctionnement et à modifier fortement le courant. Sans élément en série pour le limiter, la LED absorbe simplement le courant que l'alimentation et le câblage peuvent fournir, jusqu'à ce qu'elle surchauffe ou tombe en panne.
Le rôle de la résistance en série
Une résistance placée en série avec la LED transforme le circuit en diviseur de tension entre l'alimentation et la LED. La résistance absorbe la différence entre la tension d'alimentation et la tension directe de la LED, et le courant est alors fixé principalement par cette résistance. Une erreur de 10 pour cent sur la tension directe de la LED ne modifie donc le courant que d'un pourcentage bien plus faible, puisque cette erreur représente une fraction plus petite de la tension totale aux bornes de la résistance.
C'est pourquoi la résistance n'est pas un simple élément décoratif. Elle transforme une courbe de diode abrupte et imprévisible en une charge qui se comporte à peu près comme une résistance, et elle permet d'obtenir un courant à peu près identique d'une LED à l'autre.
Un exemple détaillé : 5 V, LED rouge, environ 15 mA
Supposons que vous disposiez d'une alimentation de 5 V et d'une LED rouge standard de 5 mm dont la tension directe attendue est d'environ 2.0 V pour votre courant visé de 15 mA. La résistance doit donc absorber les 3.0 V restants : R = (5.0 V - 2.0 V) / 0.015 A = 200 ohms. La valeur courante la plus proche est 220 ohms. Avec 220 ohms, le courant vaut (5.0 - 2.0) / 220 = environ 13.6 mA, et la résistance dissipe 3.0 V × 13.6 mA ≈ 0.041 W, ce qu'une résistance standard de 1/8 W ou 1/4 W supporte sans problème.
Examinez maintenant ce qui se passe si la tension directe réelle est de 2.2 V. Le courant devient alors (5.0 - 2.2) / 220 ≈ 12.7 mA. Si la tension directe est de 1.8 V, le courant grimpe à environ 14.5 mA. Le courant de la LED n'a varié que d'environ 1 mA sur une plage de tension directe de 0.4 V, ce qui correspond à l'effet stabilisateur apporté par la résistance. Sans cette résistance, le même décalage de 0.4 V modifierait le courant d'un facteur important.
Astuce d’atelier Mesurez le courant réel en relevant la tension aux bornes de la résistance avec votre multimètre, puis en divisant cette tension par la valeur de la résistance, au lieu de vous fier au calcul.
Température, dispersion entre lots et choix du courant visé
La tension directe diminue lorsque la LED chauffe, généralement de l'ordre de quelques millivolts par degré Celsius ; une LED qui fonctionne fortement pendant un certain temps absorbe donc davantage de courant à la même tension d'alimentation. Une résistance dimensionnée avec une certaine marge limite cette dérive à un niveau acceptable. Les couleurs ont aussi des tensions directes différentes : une résistance calculée pour une LED rouge donnera un courant sensiblement différent si vous la remplacez par une LED bleue ou blanche.
Les courants visés pour les LED de signalisation se situent généralement entre quelques milliampères et environ 20 mA ; des valeurs plus faibles suffisent souvent pour la signalisation, et des valeurs plus élevées ne doivent être utilisées que si la fiche technique l'autorise. Choisissez un courant qui donne une luminosité visible tout en restant bien en dessous de la limite nominale du composant, plutôt que de le faire fonctionner à sa limite.
Astuce d’atelier Gardez sur votre établi quelques valeurs courantes de résistances, comme 150, 220 et 330 ohms, afin de tester différents courants sans recommander de composants.
Contrôles pratiques avant la mise sous tension
Vérifiez que la résistance est bien en série avec la LED et non en parallèle, et que la LED est orientée correctement. Une polarité inversée bloque entièrement le courant, tandis qu'une résistance court-circuitée ou absente laissera la LED absorber un courant bien supérieur à celui prévu. Un bon réflexe consiste à alimenter le circuit à partir d'une alimentation de laboratoire à limitation de courant réglée sur une valeur basse : ainsi, une erreur de câblage se traduit par une limitation de courant plutôt que par une odeur de plastique brûlé.
Lorsque plusieurs LED partagent une même alimentation, donnez à chacune sa propre résistance en série plutôt que de les partager entre elles. De petites différences de tension directe entre les LED répartiraient sinon le courant de façon inégale, et la LED ayant la tension directe la plus faible absorberait la plus grande partie du courant.